Une illustration n’est pas le résultat du travail unique de l’illustrateur, mais le fruit d’un travail collectif qui sert le projet.

Je pense que vous l’aurez entre-aperçu, je ne suis pas un sous-traitant commun. Je ne suis pas non plus une société de services à qui l’on passe une commande « finie », ni même un simple exécutant.

Toutes les personnes avec qui je travaille deviennent des partenaires, des collègues proches, voire des amis…, dixit : « on a même l’impression que tu fais partie des murs »… pour la simple et bonne raison que trouver des solutions technologiques, échanger des points de vue, raconter des histoires, découper des scénarios, chercher des solutions graphiques ou techniques, évoquer les mutations de notre société… pendant des heures, des jours, des semaines…, cela rapproche – on finit toujours par y laisser une petite part de soi et c’est comme cela que je veux mon travail, avec des tas de bouts de « nous » à chaque projet…

Alors, comment découper ou expliquer mes interventions tant on me demande de choses différentes ? Je vous présente cela sous la forme de scénarios – les plus saillants.


Bruno
1 – Une « offre extérieure « 

Bruno, 43 ans, (1.86M, les yeux bleus, le nez busqué, les pommettes saillantes et le front qui a rejoint l’arrière du crane  …), dirige un service de R&D et un des clients de son entreprise passe une commande d’innovation. Alain a un sujet d’étude !
Il a un carnet d’adresses bien rempli et pléthore de professionnels mobilisables autour de lui qui peuvent répondre à ses interrogations (sociologiques, psychologiques, techniques…). Après avoir fait le point sur les enjeux, il décide, aux vues de toutes ses interrogations, d’organiser une séance d’idéation sur une journée chez le client à l’autre bout de l’hexagone.
Alain m’appelle. Nous nous rencontrons et échangeons sur l’objectif de cette journée et les différentes solutions que nous pouvons communément mettre en place. Il est convenu que j’interviendrai donc durant cette journée tout en restant en retrait pour garder une trace graphique des sujets et des solutions traités. Par la suite nous re-travaillons ensemble pour créer des illustrations et présenter les solutions au client.


 Amélie2
2-Un partenaire

Amélie, 37 ans (1.68M, les yeux verts, le nez mutin, et à la chevelure auburn) a des idées à présenter – nous nous rencontrons.
a) Elle et son entreprise ont déjà les connaissances nécessaires pour faire avancer le projet et nous construisons ensemble une solution graphique. Elles savent ce qu’elles veulent montrer !
b) Elle et son entreprise ont une connaissance partielle des techniques et des technologies qui vont être utilisées et n’ont donc pas toutes les réponses. Ce qu’elles désirent, c’est susciter l’intérêt pour « prendre la température » auprès des décideurs ou de groupes test. Amélie va donc me faire confiance pour entamer des recherches, lui soumettre des solutions et les intégrer. Amélie me sous-traite la conception d’un objet  ou d’un mouvement sociétal théorique crédible.


3- Je suis avec vous !

Cette équipe est géniale !!! Elle est composée d’un coordinateur projet, d’un électronicien, d’un spécialiste du déplacement de la lumière, d’un thésard en science cognitive et d’un alternant en design de solution – cette équipe est géniale. Ces membres m’intègrent à leur équipe et nous réfléchissons, nous dessinons, nous réfléchissons, nous dessinons… et nous trouvons !


Electronique4- Et tout ça… ça fait ça !

Moi : « C’est un beau fatras que tu me présentes là David ! » (sourire / clin d’oeil)
David : « En effet, mais ça marche ! »
(rires de connivence)
David : « Bon, ce que l’on veut maintenant, c’est que cela soit présentable… Donc, comme d’habitude, tu nous crées une forme et une ergonomie théoriques rapides mais crédibles pour que l’on puisse présenter le concept à nos partenaires. Si ça passe, on s’occupera après de tout reprendre à zéro avec des professionnels de l’industrialisation. »
Moi : « Ok. Tu m’envoies les infos qui peuvent m’aider ainsi que les contraintes techniques de vos assemblages ! »
Moi : « … On imprime en 3d ? »
David : « Pas cette fois, on a déjà cramé le budget… »


Laura
5- Je suis seul…

Laura (30 ans, visage allongé et longs cheveux bruns) a des idées, un budget, mais pas de temps à y consacrer. D’ailleurs, au moment où je vous parle, elle est à Québec. Tout ce qui l’intéresse Laura, c’est de donner une chance de vivre à ses idées – elle est comme ça Laura – elle lance les idées, mais ce n’est pas elle qui va les développer… On se Skype, elle me présente l’épure globale et me laisse me débrouiller – je suis seul…-


Claude-2
6- C’est pas sérieux

Claude (53 ans, petite moustache à la d’Artagnan et golfes largement dégagés) a des choses sérieuses à dire en colloque… et d’autres moins.
Alors, plutôt que « Powerpointer », nous allons créer de petites scénettes aux services de ses propos.


 

Voilà donc quelques exemples d’intervention. Je peux aussi vous parler du rapprochement avec les étudiants, mais c’est une « autre vie » plus axée sur le partage de connaissances.

Copyright Etienne Giorgetti